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Bienvenue sur mon blog athée!

 Ce blog est l'occasion de m'exprimer sur un sujet qui me tient à coeur, l'athéisme, mais n'ayez pas peur, l'objectif n'est pas à de vous y convertir ; je n'ai pas une âme de prosélyte!

Je souhaite simplement vous exposer mes convictions athées avec sincérité et sérieux, vous faire partager mes lectures, et vous informer de l'actualité de l'athéisme en France et dans le monde. Vous y trouverez également un certain nombre de liens vers des sites ou des blogs relatifs à l'athéisme.

Mais... j'oublie de me présenter: Anna, 29 ans, juriste de formation, ce qui suffit largement pour un premier contact.

Mais n'oubliez jamais que ce blog est d'abord le vôtre. Alors, n'hésitez pas à me faire part  de vos commentaires ou de vos interrogations.

Bonne lecture.   

Mardi 29 janvier 2008

Vous ne savez peut-être pas mais aujourd'hui, c'est jour de rentrée des classes ... pour les imams. C'est aujourd'hui que commence le cycle de cours "religion, laïcité, interculturalité" proposé par la Faculté des sciences sociales et économiques de l'Institut Catholique de Paris à destination des futurs imams de France. Vingt cinq étudiants sont inscrits à ce corpus qui comprend des enseignements de culture générale (histoire), de droit, de religion et de culture. Vous noterez néanmoins que la page Internet dédiée à ce nouveau cursus est toujours en construction...

 

Dalil Boubakeur, le président du CFCM n'a pas manqué de se réjouir de l'ouverture de cette formation qu'il juge indispensable à une "bonne intégration républicaine des imams". Peut-être que la personne même du recteur de la mosquée de Paris aurait besoin de parfaire ses connaissances en matière de culture républicaine. Dans un précédent article, j'avais déjà fait part de mon "étonnement" sur le fait qu'une faculté catholique puisse dispenser des cours de laïcité républicaine. Seuls les Frères Musulmans de l'UOIF ont relevé la boulette.

Le sujet était dès ce matin à la une de France Inter (vers 7H30). On pouvait y entendre un futur imam se réjouir de l'ouverture d'un tel cursus.  Il expliquait au journaliste que cette formation lui permettrait de livrer à ses correligionnaires des interprétations du Coran  plus en phase avec la société française sur la question de la ... polygamie .

J'avoue avoir été saisie d'un doute sur le moment. S'il faut passer par une faculté catholique pour comprendre pourquoi la polygamie est interdite en France, c'est que la situation est vraiment déséspérée!  Déjà, l'idée même de suivre un "cursus d'intégration républicaine" montre que pour une bonne partie des aspirants imams, celle-ci ne va pas de soi, alors que ceux-ci sont sensés resider en France depuis quelques années...

 

L'Islam de France n'est pas encore né

A lire : "Pourquoi la Catho de Paris a-t-elle accepté de former des Imams?", La Croix, 29/01/2008.

par Anna publié dans : libertés fondamentales / laïcité
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Jeudi 27 décembre 2007

 

 Voici un article qui mériterait toute l'attention de notre Président, en ce qu'il restitue le véritable sens du concept de laïcité et rappelle quelques vérités historiques de bon sens.

Extrait :

"Si la laïcité a un sens positif, ce n'est pas celui que lui prête notre président. Elle a pour fonction non de libérer les croyances, c'est-à-dire de les favoriser, mais de libérer des croyances instituées que les différentes églises ont toujours, peu ou prou, voulu imposer. Appuyée sur la raison, elle doit former l'esprit critique et le libre jugement de chacun, de façon à ce qu'il prenne ses distances avec tous les contenus de pensée religieux qui prétendent se soustraire au débat rationnel et fonder leur légitimité sur une source transcendante échappant à l'intelligence profane. Cette démarche n'interdit en rien que l'on retrouve et donc que l'on accepte les croyances religieuses, mais contrôlées par la raison humaine : des croyances qui ne s'opposent pas à ses acquis scientifiques et moraux, et débarrassées alors des emportements irrationnels qui les ont trop souvent caractérisées.

C'est ici que la prise de position de M. Sarkozy révèle une ignorance étonnante, si elle n'est pas feinte. L'identité progressiste de la France républicaine ne s'est pas construite avec l'héritage chrétien officiel mais, pour l'essentiel, contre lui. Laissons de côté le grave passif de l'Eglise catholique dans son rapport aux sciences : au nom d'une Révélation dogmatisée, elle s'est régulièrement opposée aux grandes théories scientifiques, comme celles de Galilée ou de Darwin, pour autant qu'elles mettaient en cause sa vision du monde et de l'homme.

Ne parlons que des grands bouleversements sociopolitiques qui font désormais consensus : la République elle-même, les droits de l'homme, l'égalité de l'homme et de la femme, les conquêtes sociales, la conception civile du mariage, la libération sexuelle et l'acceptation du droit à la différence dans ce domaine (comme l'homosexualité). Tout cela a été refusé et combattu par l'institution religieuse, avec virulence.

(....)".

par Anna publié dans : libertés fondamentales / laïcité
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Mercredi 26 décembre 2007

Extrait de l'interview de François Bayrou parue dans l'édition du 26 décembre 2007 du quotidien Le Figaro et dans laquelle le député du Modem reproche au président Nicolas Sarkozy de confondre religion et politique au point de le comparer à George Bush...

 

LE FIGARO. Que pensez-vous du concept de «laïcité positive» défendu par Nicolas Sarkozy ?
François BAYROU. Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.

Est-ce une erreur de parler d'espérance quand on fait de la politique ?
La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx. C'est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l'espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Au demeurant, la foi, ce n'est pas seulement l'espérance, ce n'est pas seulement pour l'avenir. C'est pour le présent, c'est voir le monde et voir l'autre dans une certaine lumière qui les révèle et les grandit. C'est en cela qu'il existe un humanisme chrétien.

La République doit-elle prendre en compte ce que Nicolas Sarkozy appelle l'«aspiration spirituelle» de l'être humain, qui existe selon lui chez chacun de nous ?
L'aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l'être humain. Sur ce point, je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy. La société doit la respecter. Mais lorsqu'on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions, on change d'approche. D'abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire qu'il faut se référer à la religion que d'en voir un autre affirmer qu'il faut rejeter toute religion. Cette orientation, dans un sens ou dans un autre, n'est pas dans ses compétences. De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, on pré­pare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ?

Quelle est votre conception de la laïcité ?
Celle de Jules Ferry. Quand Nicolas Sarkozy dit que «jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu'il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance», il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l'intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l'autorité du dogme, et un espace intime, familial, où chaque être humain cultive des convictions, une vision du monde, qu'il ne peut imposer aux autres. L'idée qui fonde la démocratie, c'est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l'ordre du pouvoir, l'ordre de la religion et l'ordre de la science. Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. De la même façon, quand Nicolas Sarkozy établit un parallèle entre la vocation religieuse et sa vocation présidentielle, il mélange ce qui ne doit pas l'être.

(...)

Propos recueillis par Julie Waintraub.

par Anna publié dans : libertés fondamentales / laïcité
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Lundi 24 décembre 2007

Quelques jours après s'être offert les oreilles de Mickey, le Président Nicolas Sarkozy s'envolait à Rome pour recevoir du Pape Benoît XVI son collier de "chanoine d'honneur" lors d'une cérémonie organisée dans l'archibasilique Saint-Jean de Latran.

Si la trépidante vie privée de notre président a pu laisser le pape Pape Benoit XVI quelque peu dubitatif, le locataire de l'Elysée s'est racheté une conduite avec un vibran éloge de la "laïcité positive" et des valeurs chrétiennes. Rome a de quoi "se réjouir du nouveau visage de la laïcité française" comme titre le quotidien La Croix dans son édition du 23 décembre. (voir aussi une journée de NicolasSarkozy au Vatican).

Le Président a ainsi déclaré que "la laïcité ne saurait être la négation du passé; la laïcité n'a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes". Il a poursuivi sur sa lancée sur le bon vieux thème de la morale chrétienne comme garante de l'ordre social : "Face à l'effacement des repères, aux bouleversements de nos sociétés, je veux vous dire par ma présence que nous avons besoin de la contribution de l'Église comme de celle des autres courants religieux et spirituels pour éclairer nos choix et construire notre avenir".

Nicolas Sarkozy renoue ainsi avec le rapport Machelon qui préconisait déjà une laïcité ouverte ... sur le financement étatiques des lieux de culte musulman. Rien de nouveau sous le soleil. Par contre, ce qui me gêne le plus, c'est cette référence à la morale chrétienne comme garante de l'ordre social. 

Si on va jusqu'au bout du raisonnement de Nicolas Sarkozy, cela impliquerait que les athées sont de potentiels délinquants... De là à dire que les problèmes que connaît la France sont la conséquence d'un manque de repères religieux! Il y a quelques années, certains avaient cru qu'à défaut de pouvoir y envoyer la police, les barbus seraient le meilleur moyen de rétablir l'ordre dans les cités. Mais les débats sur la loi anti-voile ont rappelé à à l'ordre tout ce beau monde. Les banlieues ont aussi le droit à l'ordre républicain.

De même, on peut se demander si l'avortement aurait été légalisé en France si l'Etat avait demandé la contribution des églises en la matière, d'autant qu'en 2008 vont s'ouvrir les débats en vue de la révision de la loi bioéthique votée en 1994. J'avoue craindre la contribution du Vatican sur la question de la recherche sur les cellules souches ou sur les conventions de mères porteuses. L'exemple du dico (le pacs italien) est édifiant; l'Eglise italienne a lancé toutes ses forces dans cette bataille allant jusqu'à menacer les députés d'excommunication s'ils votaient pour le pacs italien... ; la faiblesse de l'Etat italien a fait le reste.

La déchristianisation de la société a montré que les églises n'avaient plus le monopole de la morale et de l'éthique. C'est bien là le problème pour le Vatican et les autres églises. A titre personnel, je n'ai pas besoin de la religion pour savoir que je ne dois pas tuer. Les règles morales ne sont plus d'essence divine, elles ne descendent plus du ciel comme au temps de Moïse. Les droits de l'homme ou les droits civiques (j'avoue préfèrer ce dernier terme) sont aussi un corpus de règles morales, à commencer par le principe selon lequel  la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres...

Quant au concept de "laïcité ouverte", la prudence doit être de mise. Si la gauche se montre très critique, l'UMP fait preuve d'une grande prudence et pour cause, la "laïcité ouverte" est une véritable boîte de Pandorre.  La laïcité est par nature ouverte, en ce qu'elle permet à tous les cultes de s'exercer, à condition de ne pas empiéter sur le pouvoir politique. La difficulté étant que certains cultes à vocation universelle ne supportent pas d'être mis à égalité avec d'autres...

Depuis un siècle, la laïcité a largement rempli sa mission de pacification d'une société qui a connu des guerres religieuses meurtrières.  Le protestantisme, le judaïsme savent ce qu'ils lui doivent. Quant à l'Islam, la laïcité n'avait jamais été un obstacle à son développement. J'en veux pour preuve qu'il est devenu la deuxième religion de France. Reste à savoir à quel Islam se vouer, un islam tolérant ou un islam "traditionnaliste" inspiré du wahahbisme saoudiens et par conséquent incompatible avec la laïcité républicaine ...

Sur la question du financement des mosquées, l'argent du contribuable ne sera jamais un rempart contre l'intégrisme. L'argument social selon lequel la communauté musulmane est la plus défavorisée et mériterait donc une plus grande générosité de l'Etat n'est pas non plus des plus pertinents. Il suffit de faire la comparaison avec le développement des églises évangéliques en région parisienne; celles-ci passent très rapidement du hangar en tôle à la construction en béton, alors que les fidèles le plus souvent originaires des départements des DOM TOM ne sont pas des plus favorisés. 

Quant à Nicolas Sarkozy, il est déjà passé à autre chose ...

par Anna publié dans : libertés fondamentales / laïcité
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