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Bienvenue sur mon blog athée!

 Ce blog est l'occasion de m'exprimer sur un sujet qui me tient à coeur, l'athéisme, mais n'ayez pas peur, l'objectif n'est pas à de vous y convertir ; je n'ai pas une âme de prosélyte!

Je souhaite simplement vous exposer mes convictions athées avec sincérité et sérieux, vous faire partager mes lectures, et vous informer de l'actualité de l'athéisme en France et dans le monde. Vous y trouverez également un certain nombre de liens vers des sites ou des blogs relatifs à l'athéisme.

Mais... j'oublie de me présenter: Anna, 29 ans, juriste de formation, ce qui suffit largement pour un premier contact.

Mais n'oubliez jamais que ce blog est d'abord le vôtre. Alors, n'hésitez pas à me faire part  de vos commentaires ou de vos interrogations.

Bonne lecture.   

Mardi 27 février 2007

Paru dans le quotidien 20 minutes, par Sophie Brafman de Varsovie:

Elle n'espère plus grand-chose. Juste un arbitrage de la justice en sa faveur. Alors que l'Europe se penche aujourd'hui sur les conséquences de l'avortement pour les femmes et les jeunes filles dans l'espace européen, Alicja Tysiac, elle, attend le verdict de son procès. Mère célibataire de trois enfants, elle a porté plainte contre l'Etat polonais en février, l'année dernière. Car si à 36 ans, elle se retrouve quasi aveugle, « c'est parce que les médecins de mon pays m'ont refusé l'accès à un avortement thérapeutique ». Atteinte d'une forte myopie, les ophtalmologistes lui prédisent la cécité en cas de troisième grossesse. Mais la législation polonaise, l'une des plus strictes d'Europe en matière d'avortement, ne lui permet pas d'y avoir accès. L'IVG y est pourtant permise en cas de viol, danger pour la santé de la mère et malformation du foetus. La pratique est autre. Certains médecins ne préviennent même pas les futures mères des risques qu'elles encourent ou les minimisent. C'est ce qui arrive à Alicja Tysiac. Aucun médecin n'accepte de signer le papier qui lui aurait permis d'avorter. Elle accouche par césarienne en novembre 2000. Mais, l'accouchement provoque une hémorragie rétinienne qui dégrade considérablement sa vue.

Il y a peu pourtant, l'avortement était légal en Pologne. Il a été interdit à la chute du mur de Berlin. Depuis 1989, le plus grand pays d'Europe de l'Est renoue avec le dicton : Etre polonais, c'est être catholique. Le gouvernement des frères Kaczynski a bel et bien entamé sa révolution morale. L'actuel ministre de l'Education, Roman Giertych, membre de la Ligue des familles polonaises, a même proposé une loi qui vise à protéger la vie dès sa conception. Histoire de bannir définitivement l'avortement. Dans un tel contexte, Alicja n'avait d'autres recours que la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg. Une démarche peu appréciée dans son pays. Soixante-huit organisations catholiques se sont mobilisées contre elle. Elle a décidé de tenir. En attendant le verdict prévu pour la mi-mars, elle vit à Varsovie, avec une pension d'invalidité de 150 e par mois pour elle et ses trois enfants".

Malgorzata Ksiezopolska, vice-présidente du Planning familial de Varsovie: «Le gouvernement actuel s'intéresse plus aux scandales politiques qu'à la santé publique. Et quand les médias osent évoquer l'avortement, ils utilisent l'expression ?avorter un enfant?. Ce qui en dit long sur la politique du pays.» Monika Gasiorowska, avocate d'Alicja Tysiac à Strasbourg: «L'important, c'est de pointer du doigt le peu de marge de manoeuvre dont disposent les Polonaises. Même dans le cadre légal des avortements thérapeutiques, les médecins ont peur de donner leur aval. Au risque de les mettre en danger.»

©2006 20 minutes

 

Comme le soulignait un internaute, le réel danger ne situe pas tant dans la religion que dans la confusion entre le spirituel et temporel, car c'est là que se trouve la source des pires excès. Le cas d'Alicja Tysiac en est l'illustration parfaite, d'autant qu'en Pologne il n'est point de salut en dehors du catholicisme. La citoyenneté polonaise semble se réduire à la seule foi vaticane. On mesure la différence avec la France qui protège les citoyens de toute intrusion du dogme religieux dans la "chose publique". On mesure également à quel point cette laïcité si malmenée ces derniers temps est un bien précieux qui nous protège de bon nombre de dérives.  Espérons que la Cour de Strasbourg rendra justice à Alicja Tysiac. Rendez-vous pris dans quinze jours.

Ce cas polonais n'est pas sans intérêt pour la France. En matière de lutte contre l'avortement, la "calotte" semble reprendre du poil de la bête. Bien sûr, l'attaque n'est pas frontale; en réalité, la controverse porte sur le diagnotique prénatal (la Croix, Comment mettre de l'ordre dans le diagnostique prénatal?)

Certaines voix se sont recemment élevées  pour dénoncer une pratique excessive, voire quasi-systématique du diagnostique prénatal craignant ainsi une dérive eugénistique. L'eugénisme et le repoussoir du nazisme comme armes de destruction massive des calotteux! On sait très bien que le diagnostique prénatal est étroitement lié  à la question de l'avortement. Dénoncer l'un revient nécessairement à dénoncer l'autre.

La "croisade" est ménée par le président du Comité Consultatif national d'éthique (insitution au passage gangrénée par la calotte) , Didier Sicard. Les intégristes  religieux peuvent se frotter les mains avec une caution pareille, même si l'intéressé se défend de jouer dans leur camp.

Sur le même mode, le constitutionnaliste Betrand Mathieu dénonce à son tour une pression sociale poussant les femmes à avorter en cas d'"anomalie" même mineure sur le foetus (voir l'article de la Croix). Rappelons que le Professeur Mathieu oeuvre notamment au sein du Centre Français pour la justice et les droits fondamentaux pour la personne humaine qui se définit comme "une coalition pour la défense civile des libertés fondamentale et ... des valeurs chrétiennes. Pourtant, les premières n'ont-elles pas été conquises contre ces dernières au prix d'une longue lutte ? 

Il est vrai que la généralisation que diagnostique prénatal pose de réelles difficultés (en réalité, les médecins craignent surtout un accroissement des  procès en responsabilité qui ferait grimper en flèche leur prime d'assurance). Mais il faut comprendre que s'attaquer au diagnostique prénatal est d'abord une manière incidieuse de s'attaquer à la légalité de l'avortement et fort peu courageuse soit dit au passant.... La question ne se poserait pas si l'avortement était purement interdit et ce même pour motif dit thérapeuthique.

Le problème se situe aussi au niveau de la composition de ce Comité consultatif national d'éthique. Je me demande si le terme "éthique" ne serait pas devenu synonyme de morale religieuse. On invoque des considérations "éthiques" sous prétexte de convictions religieuses histoire de mieux faire passer la pilule... .

De même, lors des grandes consultations "éthiques", on consulte essentiellement la position des représentants des grandes religions mais quid des athées, des humanistes. Pourquoi ces mouvements ne sont-ils jamais interrogés sur les grandes questions de bioéthique? La religion n'a pas le monopole de la réflexion sur l'éthique ou la morale.  Le cas d'Alicja Tisiac est là pour nous le rappeler.

par Anna publié dans : urgence
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Vendredi 16 février 2007

L'année du Cochon démarre mal en Chine, puisque les autorités chinoises ont purement et simplement interdit toute représentation publique de cet animal pour ne pas froisser la prétendue susceptibilité des quelques 20 millions de musulmans de l'Empire du Milieu.

A noter que l'Indonésie vient d'interdire la représentation de cet animal sur une série de timbres célébrant .... l'année du cochon. Une année pour rien.

 

 

par Anna publié dans : humour athée
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Dimanche 11 février 2007
Portugal : le dernier choix
LE MONDE | 10.02.07
© Le Monde.fr

 

Ou comment l'archaïsme congénital de l'Eglise catholique portugaise menace les femmes dans leur existence même. A croire que le droit à la vie ne concerne que les foetus.

par Anna publié dans : urgence
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Jeudi 8 février 2007

(Source Respublica)

C'est aujourd'hui que s'est achevé le procès intenté contre Charlie Hebdo par la Grande Mosquée de Paris, l'UOIF et ... la Ligue Islamique Mondiale financée par les wahhabites saoudiens; tout ce beau monde étant défendu par l'avocat de Chirac.

Pour justifier leur tentative de réhabitation du délit de blasphème, ils se sont appuyés sur la loi de presse du 19 juillet 1881 qui sanctionne notamment "l'injure publique commise envers une personne ou un groupe de personne , à raison de (…) leur appartenance à (…) une religion (…)". Comme si l'UOIF, Dalil Boubakeur pouvaient représenter tous les musulmans du monde! En somme, caricaturer la religion musulmane et son prophète s'apparenterait à une aggression raciste (voir l'article de Libération, édition du 3 février 2007).

Et pourtant, malgré les pressions, notamment de l'Elysée, la justice a tenu bon, le parquet n'ayant pas requis de condamnation contre Charlie Hebdo. Pour le ministère public, ces caricatures visaient d'abord les intégristes musulmans et non les musulmans dans leur ensemble, quoiqu'il est étonnant que certains musulmans dit "modérés" se soient senti visés... (Voir l'édition du Monde du 8 février 2007). La représentante du parquet a estimé que " Ce qui est en évidence dans ces caricatures, ce n'est pas l'obscurantisme supposé de la religion musulmane, son prosélytisme ou encore ses défauts, c'est la dénonciation de l'utilisation qu'en font les terroristes qui prétendent agir en son nom" (...) ce qui est dénoncé, c'est le dogme de l'islam quand il est dévoyé à des fins fanatiques ou extrémistes".

Selon le journaliste Mohamed Sifaoui appelé comme témoin dans cette affaire, ce sont les fondamentalistes musulmans et non les journaux occidentaux qui avaient commencé à associer islam et violence dans leurs représentations; il a ainsi pris  pour exemple le drapeau de l'Arabie saoudite, qui associe la phrase "il n'est de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète", pilier de l'islam, avec un sabre".

Je ne reviendrai pas sur le contenu des débats, sauf pour ajouter que les parties civiles se sont completement ridiculisées. Ne serait-ce que l'avocat de l'UOIF qui reprochait à Philippe Val de "toucher au premier pilier de l'Islam". Comme si les non-musulmans étaient concernés par ses piliers!  (Le Monde, 8 février 2007, Au procès de Charlie Hebdo, tension, fureur et fous rire). En réalité, c'est tout le problème.

Cette demande de relaxe n'est au final pas si étonnante, dans la mesure où, entre le liberté d'expression et blasphème, la Cour de cassation a déjà tranché avec un arrêt du 17 novembre 2006.  L'affaire concernait la fameuse campagne de publicité pour une marque de prêt à porter féminin; celle-ci s'était approprié le fameux tableau de la Cène de Léonard de Vinci, à ceci près qu'il était entièrement féminisé, ce qui avait provoqué l'indignation des évêques français. J'avoue ne pas avoir compris. Vieux réflexe patriarcal catholique? Le Da Vinci Code est depuis passé par là.  

La Conférence des Evêques de France, par le biais de l'association "croyance et liberté" (ah ah!!) avait obtenu en référé la suspension de cette campagne de publicité par la Cour d'appel de Montpellier car "cette affiche, dont la recherche esthétique n’était pas contestée, reproduisait à l’évidence la Cène de Jésus-Christ..., que cet événement fondateur du christianisme, lors duquel Jésus-Christ institua le sacrement de l’Eucharistie, faisait incontestablement partie des éléments essentiels de la foi catholique ; que dès lors l’installation de l’affiche litigieuse sous la forme d’une bâche géante sur le passage d’un très grand nombre de personnes, constituait l’utilisation dévoyée, à grande échelle, d’un des principaux symboles de la religion catholique, à des fins publicitaires et commerciales en sorte que l’association Croyances et libertés était bien fondée à soutenir qu’il était fait gravement injure, au sens des articles 29, alinéa 2, et 33, alinéa 3, de la loi susvisée aux sentiments religieux et à la foi des catholiques et que cette représentation outrageante d’un thème sacré détourné par une publicité commerciale leur causait ainsi un trouble manifestement illicite qu’il importait de faire cesser par la mesure sollicitée . (Source: le blog d'Eolas, Journal d'un avocat). Notez que l'UOIF et toute la clique islamiste s'appuyaient sur ce même fondement.

Heureusement, la Cour de cassation a censuré la Cour d'appel en énonçant sur le fondement de ces deux textes ainsi que sur l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme consacrant la liberté d'expression (qui a dit que l'Europe était inutile) qu'" en retenant ainsi l’existence d’un trouble manifestement illicite, quand la seule parodie de la forme donnée à la représentation de la Cène qui n’avait pas pour objectif d’outrager les fidèles de confession catholique, ni de les atteindre dans leur considération en raison de leur obédience, ne constitue pas l’injure, attaque personnelle et directe dirigée contre un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse, la cour d’appel a violé les textes susvisés".  Vous pouvez constater que la Cour de cassation fait bien le distinguo entre attaquer ou injurier quelqu'un en raison de son appartenance à la religion (jeter des pierres ou des insultes à un catholique ou un musulman ) et selon la formule de Maître Eolas, "paradier un symbole religieux ou un moment fondateur de cette religion".

La loi protège les individus et non les dogmes qui peuvent être librement critiqués, détournés, voire parodiés sans que les croyants puissent y voir une insulte à leur personne. Dans le cas contraire, les athées seraient tout simplement hors la loi! Car comme le souligne Philippe Val, "critiquer les religions, c'est le principe même de la démocratie", surtout lorqu'elle prend la forme d'un république laïque (voir l'interview dans l'édition du 7 février 2007 du quotidien Libération) 

On peut donc en déduire que l'action menée par Dalil Boubakeur et l'UOIF ne risque pas de connaître un franc succès ... sauf l'hypothèse de pressions politiques. Mais côté politiques, on peut dire qu'ils ne se sont pas faits prier pour soutenir Charlie Hebdo: les deux François, Bayrou et Hollande, et jusqu'à ... Marine le Pen.  Les temps changent.

Le candidat Sarkozy, pourtant largement caricaturé par Charlie Hebdo, n'a pas hésité à lui apporter son soutien (écrit) au point de "trahir" son ami Dalil (Libération, 7 février 2007, l'Islam officiel se sont trahi par Sarkozy). A croire que la rivalité Chirac-Sarkozy peut avoir du bon. Il faut dire que sur ce point, le second a beaucoup à se faire pardonner. Le Recteur de la Mosquée de Paris, qui est allé jusqu'à convoquer une réunion de crise, aurait même menacé d'une démission. Dommage.

 

 

 

Voyez l'édito du Monde, un procès d'un autre âge ou encore Libération, "nous soutenons "Charlie Hebdo".

 

Procès d'un autre âge
LE MONDE | 07.02.07
© Le Monde.fr

 

Rendez vous pris le 15 mars prochain pour savoir si Charlie Hebdo sera ou non relaxé (je rappelle que ce délit d'injure stigmatisant un groupe de personne à raison de sa religion est tout de même passible passible de 6 mois de prison et de 22 500 Euros d'amende).

Quant à Dalil Boubakeur, son avenir de représentant de l'Islam modéré est largement compromis; il n'aurait jamais s'accoquiner avec l'UOIF et la Ligue Islamique mondiale.

 

Voir: En direct du procès contre Charlie Hebdo, par Hélène Keller-Hind, sur le site Résilience TV.

par Anna publié dans : libertés fondamentales / laïcité
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