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Bienvenue sur mon blog athée!

 Ce blog est l'occasion de m'exprimer sur un sujet qui me tient à coeur, l'athéisme, mais n'ayez pas peur, l'objectif n'est pas à de vous y convertir ; je n'ai pas une âme de prosélyte!

Je souhaite simplement vous exposer mes convictions athées avec sincérité et sérieux, vous faire partager mes lectures, et vous informer de l'actualité de l'athéisme en France et dans le monde. Vous y trouverez également un certain nombre de liens vers des sites ou des blogs relatifs à l'athéisme.

Mais... j'oublie de me présenter: Anna, 29 ans, juriste de formation, ce qui suffit largement pour un premier contact.

Mais n'oubliez jamais que ce blog est d'abord le vôtre. Alors, n'hésitez pas à me faire part  de vos commentaires ou de vos interrogations.

Bonne lecture.   

Samedi 24 novembre 2007

Ceux qui s'interrogent sur le concept d'immigration sélective et sur ses modalités d'application pourront sans doute trouver un éclairage auprès de la Ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Dépechée à Rome aux frais de la République pour féliciter Mgr Vingt-Trois de son élection au rang de cardinal..., la Ministre de l'intérieur s'est dite prête à acceuillir sur le territoire français des chrétiens d'Irak.

Sans vouloir minimiser le drame des chrétiens d'Irak, il est néanmoins surprenant que la Ministre de l'Intérieur se hasarde  à de telles inepsies. Les musulmans irakiens souffrent autant de ce conflit. Pour rester en France, il suffit de rendre du côté de Calais pour constater le flot de réfugiés irakiens qui s'amassent aux portes du Tunnel de la Manche.

Pourquoi d'ailleurs ne pas accueillir en priorité les athées d'Irak? Si on dresse une échelle des persécutés, on peut penser que ceux-ci sont en tête de liste; en terre d'Islam, c'est bien connu, mieux vaut être un infidèle du Livre qu'un infidèle libre penseur...

Si Michèle Alliot-Marie souhaite donner asile aux victimes de l'intégrisme, je lui propose d'accueillir cette jeune Saoudienne victime d'un viol et qui pourtant a été condamnée à des coups de fouets pour "fréquentation illégale"; la "justice" saoudienne (un bien grand mot) lui a reproché de s'être retrouvée dans une voiture avec étranger, c'est-à-dire un homme qui n'était pas de sa famille. Car selon le tribunal, "si la jeune femme n'avait pas été seule avec un homme qui n'était pas de sa famille, le viol n'aurait pas eu lieu"...

Un malheur n'arrivant jamais seul, la jeune femme a été de nouveau condamné le 22 novembre dernier à 200 coups de fouet et à six mois de prison pour avoir médiatisé son drame. La candidate Hilary Clinton a condamné cette décision avec la plus grande sévérité; alors Madame la Ministre, vous pouvez faire un geste pour elle dans le cadre de cette nouvelle politique d'immigration sélective!

par Anna publié dans : christianisme
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Lundi 12 novembre 2007

Communautarisme et concordat : Madame Alliot-Marie montre la voie

par Robert Albarèdes


Il semble que soit passé inaperçu le discours prononcé par Madame le Ministre de l’Intérieur, le 10 octobre dernier, à la grande mosquée de Paris, devant tous les dignitaires réunis, lors du repas de rupture du jeûne du ramadan ( cérémonie à laquelle se sont précipités, tour à tour, le premier ministre et le maire de Paris, oubliant, de fait, la séparation historique des églises et de l’Etat) .

Je n’ai, pour ma part, lu aucune réaction à ce texte émanant des milieux politiques qui se targuent de « Laïcité », ni des associations, comités et autres structures prétendant défendre le fondement laïque de notre République. Je n’ai pas davantage entendu les protestations de tous ceux qui s’affirment défenseurs de la Loi de 1905 et du principe essentiel de la séparation des églises et de l’Etat… de tous ceux qui refusent dans notre espace politique et social le retour de toutes les « églises » comme l’émergence de toute forme de communautarisme…Mais peut-être ai-je été négligent, aveugle ou sourd… Mais peut-être ceux qui voulaient réagir ont-ils eu peur d’être accusés « d’ultra-laïcisme »…

Toujours est –il que, conformément au principe populaire qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, il convient aujourd’hui de réagir (et d’appeler à l’action tous ceux qui sont attachés au socle laïque de notre République) devant ce qui apparaît, dans ce texte, comme un appel à la déstructuration communautariste de notre espace sociétal et à la mise en place d’un nouveau concordat pour « gérer » les rapports entre les églises et l’Etat .

Excessif ? Voire …

Une simple lecture de ce discours permet de se rendre compte que Madame la Ministre s’adresse aux « musulmans » en tant que membres d’une « communauté » - ce qui contredit un principe essentiel de notre République laïque- faisant partie d’une autre communauté plus grande appelée « nationale » : ce qui détruit l’unité républicaine où il n’y a que des citoyens à égalité de droits et de devoirs, et envisage notre espace public comme un ensemble de groupes autonomes isolés les uns des autres et s’enfermant dans le cercle général de l’espace national.

Comme le texte fourmille de références à la tradition, aux promesses , aux espérances portées par un islam qui serait « de France » , on est en droit de se demander – sans que le texte ne nous éclaire sur ce point- si les conséquences de « ces traditions, promesses et espérances » musulmanes vont aller jusqu’à s’imposer à la loi générale démocratiquement élaborée par tous les citoyens …Le flou, ici, est lourd de significations !

D’autant que l’appartenance communautaire pourrait se voir confirmée jusqu’après la mort, puisqu’il est question d’espaces « confessionnels musulmans » dans les cimetières …qui seront ainsi appelés à devenir des mosaïques idéologiques et religieuses aux carrés séparés de manière étanche avant qu’une religion plus puissante et plus agressive (mais c’est, peut-être, un pléonasme) n’en chasse les « impies »…

Le péril du communautarisme triomphant –religieux, sexuel ou autre-, largement véhiculé par le discours quotidien des média dominants, nous guette d’autant plus que beaucoup, en France, rêvent d’une société à l’anglo-saxonne, et que le futur « mini-traité européen » (qui est tout, sauf « mini ») ne manquera pas de l’organiser tout au long du processus de déliquescence politique et sociale des espaces nationaux. La disparition de la « Nation », voulue par le libéralisme économique comme par les « aboyeurs » de la gauche « révolutionnaire » et bien-pensante est à l’ordre du jour..

Mais le texte de Madame la ministre de l’Intérieur est encore plus dangereux quand on l’examine du point de vue de ce qui fonde notre République :

« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » ( Loi de 1905 – Article 2).

Or, la trame du discours est un effacement pur et simple de cet article essentiel : la référence qui y est faite aux conclusions de la commission « Machelon » (oubliées pendant la campagne électorale mais bien au chaud dans les ministères) en témoigne.

En fait, c’est à un véritable concordat organisant les rapports entre l’islam et l’Etat que madame Alliot-Marie en appelle , demandant « la mise en œuvre d’une politique publique ambitieuse au profit du culte musulman », « un engagement fort de l’Etat » pour donner tous les moyens à « l’islam de France », affirmant la présence de l’Etat « pour conforter le CFCM, répondre à ses sollicitations, lui donner les moyens de ses ambitions »…Mais, insatisfaite, elle renchérit : « je soutiens (financièrement : 1 000 000 d’euros pour commencer !) et accompagne (par la mise à disposition de fonctionnaires et de locaux publics) la mise en place de la fondation pour les œuvres de l’islam », fondation destinée à financer le CFCM et à assurer la construction des mosquées un peu partout (un schéma directeur doit être , sur ce point, élaboré…)

Ne serait-ce pas assez ? Voilà que la ministre, insatiable, s’engage à assurer la formation publique des imans « au sein d’établissements universitaires » , se propose de faire réfléchir ( et de légiférer ?...) sur la place des religions dans un « Etat de droit » …Les citations les plus remarquables ne peuvent remplacer la lecture du texte (www.interieur.gouv.fr ) mais elles permettent de comprendre la direction tracée : celle d’une insertion politique de la religion musulmane par l’intermédiaire d’un concordat qui lui reconnaîtra sa spécificité et lui laissera l’autonomie de ses pratiques, coutumes et lois en contrepartie de prêches « modérés » tout en l’assurant de différents accès à la ressource publique . Bref : utiliser la pseudo-religion des pauvres (et la sympathie malsaine tissée autour d’elle par une « camerilla » bien pensante et humanitariste) pour détruire le loi de 1905. Ceux qui prétendent défendre la « pureté laïque » en se gardant de tout « ultra-laïcisme » devrait songer à cela !

Ne nous méprenons pas cependant. Ce discours pro-musulman, destiné à capter une tranche de français représentant à peine 4 % de la population (et encore , tous ceux qui ont ou ont eu des liens avec cette religion et cette culture ne pratiquent pas forcément) est plus dangereux encore par ce qu’il cache : le retour des religions (et surtout de la religion vaticane dominante) dans l’espace public européen , dans notre espace public. Car tout ce qui sera concédé à l’islam devra être concédé à toutes les religions, puis à toutes les « églises » secondaires, puis à toutes les idéologies religieuses ou non… Et dans une France ( et une Europe) dominée (s) par la religion du « Vatican », c’est celle-ci qui « raflera la mise ».

Faut-il rappeler ici le rôle permanent (et efficace) joué auprès de la Commission Européenne par les « 125 Eglises » membres de la « Conférence des Eglises d’Europe » et par la « Commission des Episcopats de la Communauté Européenne » (COMECE) ? (voir www.laic.fr) .

Il n’est plus très loin maintenant le temps où les églises reprendront en mains – directement, indirectement ou par des structures parallèles- les systèmes éducatif, de santé, de solidarité sociale …tandis que leurs réseaux divers imposeront les modes de penser, de dire, d’analyser, de critiquer, de se moquer, d’aimer, et leurs prélats diront le bien et le mal, le juste et l’injuste, le « pur » et « l’impur ».

Pure spéculation… ?

A voir les défenseurs de l’espace politique et social laïque de notre République s’agiter dans leur pré carré respectif rivés à leurs certitudes intangibles, plus enclins aux oukases qu’à l’analyse en commun ,à la compréhension du réel, à l’action, on ne peut qu’être inquiet…

A observer les initiatives, comportements, décisions des politiques représentant la Nation et incarnant la République, on ne peut que frémir…

A entendre les gémissements des adeptes de la repentance et de l’autoflagellation historique, les vociférations des humanitaristes prêtant main forte aux partisans de la libre circulation de la main d’œuvre, les discours complaisants devant tout ce qui viole la loi générale pour imposer une loi particulière, on ne peut que s’alarmer .

Robert Albarèdes

www.laic.fr

Cf La croix, édition du 2 octobre 2007: "Sarkozy à la grande mosquée de Paris: "l'islam de France avance"

Eh oui, l'Islam de France avance... grâce à l'Institut Catholique de Paris qui sera chargé de former les futurs imams aux principes républicains. Cherchez l'erreur... A croire que le CFCM, que le Président Nicolas Sarkozy qualifie de facteur d'intégration et d'apaisement, serait incapable de former ses imams au respect de la laïcité Républicaine!

Néanmoins, l'initiative de l'Institut Catholique de Paris n'a pas été sans provoquer quelques remous chez les clercs musulmans et notamment du côté de la vitrine française des Frères Musulman, à savoir l'UOIF qui souhaite "un cadre pédagogique neutre". Un cadre laïc donc ?  (Le Monde, 9 octobre 2007)

par Anna publié dans : libertés fondamentales / laïcité
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Jeudi 1 novembre 2007
Adresse de citoyennes et citoyens
au Président de la République et aux parlementaires
pour limiter le port du voile, atteinte à la dignité des femmes.

http://www.halteauvoile.fr/

Aujourd’hui, dans notre Etat de droit, certaines personnes tentent de pervertir l’esprit des lois, en portant atteinte à la fois aux principes de laïcité et de neutralité de l’espace public et à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Ainsi, dans l’espace public, de plus en plus de fillettes et de jeunes filles mineures portent ce marqueur de discrimination sexuelle qu’est le voile, manifestation archaïque de l’oppression des femmes. De plus en plus de femmes sont enveloppées dans une burqa qui les cache entièrement. Ces tenues ont un sens : elles sont là pour maintenir l’enfermement des femmes afin que même dehors, elles restent « dedans ». On vole leur identité à ces ombres non identifiables.

L’offense ne s’arrête pas là. Ces femmes portent atteinte à la dignité de l’ensemble des femmes et des hommes. Exhiber de telles tenues, censées les protéger et les garder « pures », revient à renvoyer les autres femmes à leur « impureté ». Elles mettent en danger les jeunes filles, qui veulent respecter les valeurs de laïcité et d’égalité. Elles poussent l’impudeur et la provocation jusqu’à se porter partie civile contre celles qui refusent ce stigmate, rougi par le sang des femmes violées, fouettées, égorgées, lapidées, parce qu’elles ont refusé de le porter.

Considérant contre l’évidence, contre l’histoire, contre l’actualité, que le voile n’est qu’une expression de la liberté religieuse, un tribunal d’Epinal a condamné à de la prison, avec sursis, en octobre pour « discrimination religieuse », la propriétaire d’un gîte qui avait demandé d’ôter, dans les parties communes, ce symbole de l’oppression des femmes. La liberté d’expression d’une citoyenne soucieuse de respecter la neutralité de l’espace public est sanctionnée. Une femme qui affiche volontairement un signe ostensible de discrimination, le voile, est reconnue comme « victime » de discrimination ! Où est la réciprocité dans le droit des individus ? Par quelle aberration, en est on arrivé là, dans une république laïque ?

Le foulard islamiste, étendard d’un fanatisme qui tente d’envahir des espaces et des esprits, est clairement une atteinte à la dignité des femmes. La commission Stasi, les rapports d’inspecteurs généraux, ont montré les troubles à l’ordre public engendrés par les demandes dérogatoires aux principes républicains.

Tolérer qu’il s’impose à des femmes de se dissimuler dans l’espace public contrevient gravement au principe d’égalité en droit entre les hommes et les femmes. L‘assujettissement volontaire de certaines de ces femmes entièrement voilées n’a rien à voir avec la liberté de choix qu’elles revendiquent. Par contre il est un camouflet pour les femmes qui tentent de se libérer du même assujettissement et qu’on renvoie à un passé douloureux. Enfin accepter l’endoctrinement des enfants porte atteinte aux droits des enfants.

Aujourd’hui, l’appareil législatif paraît insuffisant face aux pressions exercées pour imposer des pratiques en totale contradiction avec les principes républicains. Des lois ont permis d’interdire « le lancer de nains », même si des nains étaient d’accord pour être considérés comme des objets, des lois ont permis d’interdire le bizutage, même si les étudiants étaient majeurs et « consentants ».

La loi de 2004 sur les signes religieux à l’école qui a permis de protéger les fillettes et jeunes filles dans l’espace scolaire, montre ses limites. Il faut l’étendre aux universités et aux établissements publics d’enseignement supérieur. Laisser le choix aux conseils d’administration crée des situations conflictuelles sur des questions qui n’ont rien à voir avec les missions de l’université. Il faut l’étendre à l’espace public pour certaines catégories de la population, les fillettes, et pour certaines tenues, qui dissimulent entièrement les femmes, telles la burqa.

Nous, citoyens et citoyennes, demandons au Président de la République et aux parlementaires de légiférer pour faire respecter nos principes fondamentaux de laïcité et d’égalité des sexes, garants de la paix civile.

http://www.ripostelaique.com

Ces femmes voilées, qui défendent leur servitude avec tant de conviction, me font penser à ces anciens  esclaves afro-américains qui au lendemain de l'abolition de l'esclavage, réclamait la possibilité de demeurer dans leur statut d'esclave...

Le plus regrettable étant que ces femmes (et les hommes .... il ne faudrait pas les oublier) justifient leur perversion par le recours aux droits de l'homme comme cette Mme Weiss qui en appelle à la Loi Fondementale allemande pour contester la loi de son Land qui interdit depuis  2006 le port du voile dans les administrations.

Je vous conseille la lecture de cette article qui vous explique comment une personne éduquée dans un esprit progressiste peut tomber dans le pire obscurantisme jusqu'à aliéner sa dignité de femme en  portant ce symbole du machisme qu'est le voile islamique. Sur ce point, il est intéressant de constater que Mme Weiss considère le port du voile comme une "recommandation ferme du Coran", ce qui voudrait donc dire que le Coran et la religion musulmane ne sont pas solubles dans la démocratie allemande qui comme en France pose le principe de l'égalité homme-femme à des années lumières du système patriarcal qui emprègne la Charia ... La question mérite réfléxion.

 

A titre personnel, il y a environ quinze jours, je prenais mon train régional pour rentrer du travail et quelle surprise de rencontrer dans le wagon deux femmes vêtues de noir de la tête aux pieds. Non, il ne s'agissait de gothiques mais de femmes portant le hijab à la saoudienne et poussant ainsi pour le vice, pour l'une d'entre elle, jusqu'à ne laisser apparaître que ses yeux ; même les mains étaient voilées! Je me suis un instant demandée si mon train n'était pas  à destination de Ryad ou de Téhéran....

par Anna publié dans : solidarité athée
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Lundi 8 octobre 2007

Comment utiliser l’islam pour détruire le socle laïque de notre République

vendredi 28 septembre 2007, par Robert Albarèdes


J’aimerais faire observer à ce lecteur qui, dans un mel qu’il m’a adressé après les deux premiers numéros de « Riposte Laïque » pour me demander si nous n’étions pas devenus anti-islamiques, que nous vivons une époque curieuse : une religion, historiquement établie mais émergeant depuis peu, que toutes les enquêtes d’opinion désignent comme très minoritaire dans sa pratique comme dans son influence réelle, suscite une couverture médiatique, une attention bien-pensante, un intérêt politicien tels qu’on peut légitimement se demander ce qu’une telle résonance cache …

Car l’Islam n’est reconnu comme religion de référence que par 4 % de notre population ( enquête « CSA- Le Monde des Religions » de janvier 2007, confirmée par l’étude parue dans « La Vie » du 01 /03 /07 ), et pratiqué par à peine un quart de ceux-là mêmes qui le reconnaissent ( et encore : 10 % des 20 000 français de culture musulmane pratiqueraient vraiment dans les Pyrénées Orientales selon les chiffres cités par l’imam de la nouvelle mosquée de Perpignan …alors que 13 mosquées existent dans le 66 – AFP du 18 /12/06 ).

Est-ce par leur activisme, leur dynamisme, leur technique affinée du « lobbying » que les « religieux » de ce culte obtiennent une telle « surface médiatique » ? Est-ce parce qu’ils se considèrent comme « mal servis » en lieux de prières et qu’ils mènent un combat revendicatif pour marquer le paysage français des images matérielles de leur foi que les politiciens locaux ont tendance à les écouter et à aller au-devant même de besoins qu’ils amplifient ? Est-ce parce que les tenants de cette religion ont compris comment il fallait jouer des leviers de la démocratie et des valeurs républicaines qu’ils trouvent les soutiens de la « bien-pensance » médiatico-intellectuelle, toujours avide d’exotisme et de minorités à défendre ? Est-ce parce que leur demande de faire valoir comme première leur loi religieuse et coutumière face à la loi générale élaborée par la communauté républicaine leur ouvre l’oreille complaisante de tous ceux que le mot « République » ( et l’expression « République indivisible et laïque » ) hérisse au plus haut point ? Est-ce que c’est parce que la menace de l’intégrisme et du terrorisme islamistes fait peur à une société pusillanime, laissant par sa faiblesse s’exprimer la force de ceux qui veulent la détruire de l’intérieur, que le champ libre est donné à ceux qui souhaitent s’organiser « à part » dans une communauté repliée sur elle-même et hostile à notre Histoire et à nos valeurs ? …

Toujours est-il que le discours fractionniste des tenants de l’islam politique ( cela fleure bon le pléonasme), relayé par tout ce que la France compte de défenseurs des « opprimés et stigmatisés » et de partisans de la libre circulation de la main d’œuvre taillable et corvéable « à merci », semble s’imposer chaque jour davantage, faisant imaginer à chacun ce que pourrait devenir notre espace politique et sociétal si y triomphait le communautarisme, islamique d’abord, puis de toutes les composantes possibles, et pas seulement religieuses. Discours porteur du danger d’émiettement de notre société, d’introduction dans notre espace politique de la loi des minorités ou des groupes d’influence, au détriment de la loi générale élaborée démocratiquement par tous, et qui se définit non par le suffrage universel mais par « des propriétés sociales, culturelles, économiques, religieuses au nom desquelles une règle peut être produite »( C. Kintzler) .

Or notre socle républicain laïque, par le pouvoir qu’il donne au citoyen en tant que tel, par son système législatif, par ses institutions, peut empêcher ce délitement de notre espace politique et sociétal … pour peu que chacun le veuille et que les représentants du peuple s’y emploient sans arrière-pensées et avec vigueur …

C’est là, pourtant, que le « bât » blesse …

Alors que la stricte application des principes de la loi fondamentale de 1905 et de l’ensemble des textes institutionnalisant la laïcité permettrait la mise en sommeil de toutes les revendications communautaristes islamiques ou autres, alors que le « paysage » spirituel de notre pays impose encore davantage aujourd’hui qu’hier la laïcité par la prédominance de la non-religion (1 Français sur 3 ne se reconnaît en aucune, 50% des catholiques avouent ne pas croire en Dieu…), on assiste à une triple instrumentalisation de la religion musulmane, claironnée comme la deuxième religion de France (4% de la population totale…et encore !) dont il faut tenter de comprendre les raisons et les mécanismes .

Il est de grande évidence que cette religion, nouvellement et vraiment implantée à cause des flux migratoires du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne, est instrumentalisée par ses religieux eux-mêmes et les adeptes d’un islam plus politique que spirituel, tant ils ressentent le besoin de conserver sur ces populations déracinées l’emprise qu’ils ont sur les populations des pays d’origine. Construire ici une communauté autour de la religion, avec mosquée, centre social, école coranique, c’est réaliser dans le nouveau pays l’espace sociétal de l’ancien et maintenir sous la coupe aliénante du « prophète » ceux qui auraient des velléités de fuite au contact d’un monde nouveau, apaisé, développé matériellement, socialement, culturellement …

Vieux procédé de toute religion dominante qui ne se contente pas du salut des âmes mais veut décider du corps de chacun et du corps social en général… Quand on arrive dans un pays où seulement 23% de la population répondent positivement à la question « la religion est-elle importante dans votre vie quotidienne ? » (AFP. Novembre 2006), on peut être tenté de relativiser la nécessité de se conformer à des lois, des rites, des préceptes dont la pertinence est toute relative….

Ce n’est pas pour rien que l’Arabie Saoudite a dépêché en Occident des milliers d’imams pour encadrer les « fidèles » expatriés ! Que l’immigré musulman soit contrôlé, pris en charge, modelé par le religieux permet de garder la main sur lui comme sur ceux qui sont restés, de construire une base solide à un prosélytisme dont l’islam s’est toujours recommandé, d’affaiblir les démocraties d’accueil dont les valeurs, les systèmes de pensée, les modes d’organisation nient, de fait, l’islam lui-même. Aussi ces nouveaux missionnaires n’ont-ils pas manqué d’œuvrer en direction de ceux qui étaient déjà établis, jouant de leurs difficultés sociales, culturelles, intellectuelles, pour les réinsérer dans le giron d’une religion qu’ils avaient souvent quittée, la situation internationale se révélant pour ces convertis un prétexte commode et un exutoire rédempteur. …

Montée d’un communautarisme religieux musulman

Il n’est qu’à se tourner vers les « cités » de Trappes, de Mantes ou des Mureaux, de Marseille aussi, (exemples parmi d’autres… ) pour se rendre compte comment une « islamisation rampante et à petits pas » les a transformées en espaces communautarisés que les leaders musulmans du secteur régissent d’une main ferme et où ils imposent une loi qui n’est plus celle d’une République qui a déserté ces lieux, utilisant d’ailleurs leur influence religieuse pour peser sur les élus du suffrage universel …

Mais cette instrumentalisation de cette religion par ceux qui la structurent ne serait pas possible ici sans une autre instrumentalisation qui la permet et la sous-tend, celle perpétrée par les politiciens locaux, qu’ils viennent de « l’humanitarisme bien-pensant d’une gauche caviar », de l’islamo-gauchisme des révolutionnaires des salons littéraires ou, tout simplement, qu’ils soient représentants du libéralisme économique triomphant.

Pour ceux-ci, l’enfermement de l’immigré musulman dans le cadre strict de son espace religieux est une aubaine : outre que la libre circulation de la main d’œuvre (demandée même par un Krivine de haute volée et le petit facteur du Hezbollah…) leur apporte des travailleurs malléables et dociles, la prise en mains communautariste de cet afflux le soumet à la loi religieuse au détriment de la loi générale et freine par là même tout combat politique et social en transférant les difficultés, les revendications, dans le champ du sociétal où se nouent des conflits humains entre les groupes et non plus entre ceux qui possèdent l’outil de travail et ceux qui n’ont que leur force de travail à négocier…

Qui ne voit ici que les « donneurs d’ordre » dans les domaines des activités non délocalisables ont tout intérêt à laisser la main d’œuvre « délocalisée » aux mains de la communauté religieuse, surtout musulmane, afin d’économiser un combat social et politique qui est celui de l’émancipation démocratique et de l’affirmation de l’identité individuelle ? Mais, dans cette perspective, les forces dominantes du marché libéral sont rejointes (consciemment ou non) par les tenants d’une idéologie « humanitariste » et « gauchisante » qui deviennent les apôtres d’un islam politique organisant dans l’espace sociétal unique de la République des espaces communautaires où les lois de la République (qu’ils honnissent le plus souvent) sont bafouées.

Théorisant l’adage imbécile « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » (puisque les pays théocratiques musulmans sont les ennemis supposés des USA, et que « l’islam politique » s’oppose à la République…), ils essaient d’exploiter là un nouveau « lumpenprolétariat » (issu d’une immigration non-stop et de toutes les régularisations possibles et imaginables) qui leur donnerait des couleurs « électorales », à eux qui n’arrivent plus à influencer le monde du travail dans notre pays… Portant au plus haut point leur rejet de notre Histoire et de son processus de création d’une République indivisible et laïque, ils espèrent de l’émiettement en communautés religieuses et/ou autres ( mais ils n’aimeraient pas des communautés évangélistes…allez savoir pourquoi !) un affaiblissement de la nation, courant de ce fait au-devant des intentions de tous ceux qui veulent construire l’Europe politique sur la « déstructuration » des nations et l’éclatement sociétal en un modèle anglo-saxon. Le bal des « faux-culs », ici, est rythmé par les muezzins… et organisé par le modèle économique libéral.

Pourtant, il faut essayer d’aller « plus loin » pour mieux comprendre cet engouement « médiatico-intellectuel » pour l’islam…et s’intéresser à un évènement auquel on n’a peut-être pas suffisamment porté attention : l’élection d’un pape allemand … à un moment « géopolitique » où s’engage l’un des processus historiques les plus déterminants de l’époque actuelle, la construction politique européenne dont la réalisation est à moyen terme.

Il convient de s’attacher à l’action immédiate et permanente de l’ancien cardinal Ratzinger : de sa réception le 30 /03 /06 des dirigeants du parti populaire européen à celle, toute récente, de la chancelière allemande… du discours de Ratisbonne aux foudres lancées régulièrement contre « le laïcisme »… du prêche contre la liberté de la femme à enfanter à la revendication obsessionnelle d’imposer des seules racines chrétiennes à l’Europe, Benoît XVI n’en finit pas de vouloir faire jouer à son Eglise un rôle politique majeur en Europe …et le travail permanent, auprès de la Commission Européenne qui la considère comme un interlocuteur privilégié, de la COMECE ( commission des épiscopats de la communauté européenne) est là pour conforter cette analyse : ne vient-elle pas le 18 octobre2006, avec les représentants de la Conférence des Eglises d’Europe et ceux du parlement et de la commission européens, de tenir un séminaire pour examiner de quelle manière l’église catholique pourrait participer aux services sociaux et de santé en Europe ?

La volonté du Vatican d’en finir avec la spécificité française

L’élargissement de l’Europe aux anciens « pays de l’est », la diversité des statuts qui, en Europe, régissent les rapports des églises et des Etats ( de la laïcité française au concordat et à la sécularisation à l’allemande, à la néerlandaise, à l’italienne, sans oublier la religion d’état anglicane ou polonaise…) montrent, à l’évidence, que l’église vaticane y a une position de force et que, dans cette diversité, détonne la spécificité française… dont le délitement ne pourrait que servir les intérêts d’une religion qui, chassée de l’espace public par la loi de 1905, ne rêve que d’y revenir à l’occasion de la construction politique européenne…Il ne faut pas s’étonner, alors, de l’appui plus ou moins discret apporté aux différentes revendications de la religion musulmane en France par les représentants de l’église catholique : tout ce qui sera concédé à la demande religieuse et communautariste islamique ne pourra être refusé à l’église catholique, et l’effacement progressif des principes fondateurs de la loi de 1905 sous prétexte du financement de la construction de mosquées, du respect des lois et des comportements coutumiers, de la limitation de la liberté de conscience et d’expression accusée d’aller trop loin, sert, en fait, à préparer le retour dans la production de la loi de la spiritualité dominante ici et en Europe

Ne pas voir comment l’Eglise vaticane, sans le dire, instrumentalise l’émergence d’une autre religion dans l’espace européen qu’elle est sûre de contrôler pour obtenir des futurs pouvoirs nationaux et communautaires un rôle dominant dans l’organisation politique et sociétale de la future Europe, c’est faire preuve d’une cécité intellectuelle dont on pourra très bientôt mesurer les conséquences tragiques pour l’organisation et le mode de fonctionnement de notre société …D’où la nécessité redoublée de lutter contre tous les discours, toutes les dérives communautaristes, en particulier quand il s’agit de l’islam en France… contre toutes les atteintes, notamment politiques et législatives, aux principes essentiels édictés par la loi de 1905 . Il serait important qu’une réflexion s’instaure autour de ces axes d’analyse pour en étayer encore la pertinence…Mais il serait encore plus important que tous ceux qui sont accrochés à la défense et au confortement du socle laïque de notre République se rassemblent et agissent pour élaborer un « cordon sanitaire laïque » susceptible d’enfermer les élus du peuple dans le respect strict et total de la « laïcité à la française ».

Robert Albarèdes

www.laic.fr

par Anna publié dans : athéisme
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