Bonne nouvelle. Le Tribunal administratif de Marseille a rappelé à l'ordre la municipalité phocéenne en annulant une délibération autorisant la construction d'une mosquée à Marseille motif pris de la violation de l'article 2 de la loi du 9 décembre 1905 selon lequel "l'Etat ne salarie, ni ne subventionne aucun culte".
Bien que la construction soit elle-même financée sur fonds privés, la Mairie avait concédé à l'association cultuelle musulmane un bail emphytéotique de 99 ans sur un terrain de 8600 m2 pour un loyer de 300 Euros par an, ce qui, selon le Tribunal constitue une subvention déguisée en raison de son montant "anormalement bas". En effet, selon l'évolution du marché immobilier local, le loyer aurait du être fixé à un montant au moins égal à 4500 Euros annuel. C'est d'ailleurs le montant du loyer pour un terrain concédé à une école catholique.
Détail intéressant, l'Association de la mosquée de Marseille était représentée par Me Isidore Aragones, actuel président du Conseil représentatif des institutions juives qui a expliqué agir "au nom du dialogue et du respect des minorités"! On appelle ça une charge oecuménique.
Une chose me chagrine néanmoins, à savoir que cette victoire a été obtenue sous l'initiative de mouvements d'extrême droite, puisque le recours a été déposé conjointement par le Front National, le MRP (P. De Villiers) et le MNR (Bruno Megret). A croire qu'il est plus facile de mobiliser contre une statue de Jean Paul II que contre une mosquée construite sur les deniers du contribuable. La gauche est sur ce point défaillante.
On connaît évidemment l'argument massue des défenseurs de la "laïcité ouverte": il faut sortir de "l'islam des caves" pour donner un visage officiel à la deuxième religion de France et ainsi conjurer les extrémismes. Or, je ne vois en quoi un financement public de l'Islam, sous pretexte que ses adeptes seraient les plus défavorisés, préserverait la France des dérives intégristes.
En Grande Bretagne ou en Hollande, l'Islam a pignon sur rue; or, ce sont les pays d'Europe où l'Islam radical est le plus développé. D'un autre côté, les associations évangélistes dont les églises connaissent une forte croissance, notamment en Ile de France, se targuent de ne pas réclamer un seul centime à l'Etat pour leur construction et leur fonctionnement. Ce sont les fidèles qui contribuent.
Et puis, si l'Etat ou les collectivités territoriales finance les mosquées, que répondre aux associations confessionnelles catholiques ou juives qui réclameraient elles aussi un financement public. Au final, c'est bien un retour au système des cultes reconnus et donc une remise en cause de la laïcité.
La Croix, édition du 17 avril 2007, Nouveau revers pour la mosquée de Marseille.
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