Paru sur le site TOP CHRETIEN
L'archevêque de Lyon Philippe Barbarin affirme qu'un chrétien pose "un acte devant Dieu" en votant, et relève que celui-ci ne doit pas "favoriser l'avortement ou l'euthanasie, le mariage homosexuel (...), le rejet des immigrés", dans l'hebdomaire Famille chrétienne à paraître samedi.
"Pour nous, tout acte humain doit avoir sa dimension spirituelle, être éclairé par la foi: l'acte politique du vote comme les autres engagements de notre vie. (...) Lorsqu'un chrétien vote, il pose un acte devant Dieu", déclare Mgr Barbarin, interrogé sur le second tour dimanche de l'élection présidentielle.
"Lorsque le Christ nous jugera au dernier jour, il nous demandera des comptes. Pourquoi as-tu voté pour tel ou tel candidat ? As-tu vraiment fait ton choix devant Dieu ou en fonction de tes petits intérêts personnels ?", ajoute le cardinal.
Pour le Primat des Gaules qui, fin 2006, avait encouragé les chrétiens et "en particulier les jeunes, à s'engager dans la chose politique", il existe des points sur lesquels l'Eglise et l'électeur chrétien ne peuvent négocier.
"Un électeur chrétien ne doit pas favoriser l'avortement ou l'euthanasie, le mariage homosexuel, l'injustice dans la répartition des biens ou le rejet des immigrés", souligne Mgr Barbarin.
"C'est pourquoi je veux dire clairement aux candidats que sur ces points et d'autres, nous serons très vigilants et ils le savent", poursuit le cardinal qui ne prend position ni n'évoque aucun des deux candidats, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
En bonne républicaine, j'ai toujours pensé que le vote était secret. D'ailleurs, ce matin en allant faire mon devoir électoral, je n'ai remarqué aucune caméra de surveillance dans l'isoloir. Et pourtant, c'est sans compter Dieu, car il n'y a pas de vote à bulletin secret qui tienne devant Dieu! Il voit tout, il sait tout! Big Brother is watching you...
Moyen bien commode de manipuler et de domestiquer les masses. L'Eglise est particulièrement bien rodée à cet exercice. C'est aussi l'occasion de rappeller combien cette dernière s'était opposée à la IIIe République au contraire des juifs et des protestants; c'est d'ailleurs cette attitude hostile qui a motivé le vote de la loi de 1905. Il a fallu attendre la fin de la première guerre mondiale pour que l'ensemble des français se reconcilient avec la République et l'Eglise avec la république, chacune acceptant de ne pas empiéter sur le terrain de l'autre.
Et pourtant, en ce début de XXIe, le consensus bat de l'aile. La bête est toujours tapie dans l'ombre. Le message de Mgr Barbarin est clair, un électeur chrétien ne doit jamais transiger avec les principes de l'Eglise; les bulles papales, comme les fatwas, priment sur les lois républicaines . Mgr Barbarin n'a rien à envier aux intégristes de l'UOIF. Bonnet blanc et blanc bonnet comme on dit.
Or, le cahier des charges du bon électeur chrétien est difficile. Ce dernier doit choisir un candidat hostile à l'IVG et à l'euthanasie, ce qui fait pencher la balance vers l'extrême droite, mais d'un autre côté, ce candidat ne doit pas mener la guerre aux immigrés et il ne doit pas non plus être trop porté sur le libéralisme économique. En somme, il faut un candidat social-démocrate, mais hostile à l'avortement, l'euthanasie et le mariage homosexuel.
Sauf que dans social-démocrate, il y a démocrate... Et ça l'Eglise (ou les églises) ne le comprendra jamais, car par définition le christinisme, comme l'Islam, a une vocation "totalitaire". Il faut évangéliser, convertir en masse. En effet, il s'agit d'abord de conquérir les esprits pour mieux conquérir les systèmes politiques à l'exclusion de toute autre confession ou idéologie, d'où les guerres dites de religions qui en réalité s'apparentent davantage à des conflits politiques. Or, de manière générale, l'Eglise aime les puissants; c'est en leur promettant l'obéissance des foules qu'elle a conquis le monde. On comprend que Mgr Barbarin n'aille pas au bout de sa démarche en excluant toute consigne de vote.
Quant à cette référence au jugement dernier, elle est assez drôle. J'imagine bien le Christ interroger l'électeur français sur son choix de mai 2007: "Alors, Sarko ou Sego au 2e tour?". Quid des centristes abstentionnistes. Le purgatoir ou l'enfer?
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