Paru dans l'Hebdo des socialiste du 10 janvier 2007:
Nicolas Sarkozy se félicite d'avoir réussi à organiser l'islam de France là où tant de ministres en charge des cultes ont échoué depuis 20 ans. En fait, sa politique est un échec total.
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) n'est plus qu'une coordination fantoche. Les trois grandes tendances qui le composent ne sont jamais parvenues à travailler ensemble.
Surtout, Nicolas Sarkozy a intronisé l'UOIF, une organisation musulmane intégriste et minoritaire, comme représentant officiel de l'islam de France. Fin 2002, il décide de «vendre » le futur CFCM aux plus radicaux. Le CFCM ne sera pas élu par les centaines de milliers de musulmans pratiquants, mais par des délégués dont le nombre sera établi en fonction de la superficie des mosquées et non de leur fréquentation : les hangars aux trois quarts vides de l'UOIF assureront son succès. L'islam libéral est sacrifié. Pour le mufti de Marseille, Soheib Bencheikh, «tout le monde est représenté au CFCM, sauf l'essentiel, l'islam de France, qui a cru à l'intégration, à la sécularisation de la société et à la privatisation de la foi.»
En dépit des dénégations de Nicolas Sarkozy, l'UOIF ne s'est pas modérée au sein du CFCM. Elle refuse la séparation de l'Église et de l'État et place le droit divin au-dessus des lois de la République. D'ailleurs, jamais la mobilisation de l'UOIF tendant à présenter la laïcité comme une violation de liberté n'a été aussi forte que lors de la troisième crise du voile en 2003 et 2004. Nicolas Sarkozy se revendique comme l'ami exigeant des musulmans, il est en fait devenu l'avocat de l'UOIF. L?avocat de l'UOIF.
A l'aune des prochaines élections présidentielles, il est rassurant de constater que le PS prend enfin la mesure du danger représenté par l'UOIF (Union des Organisations islamtiques de France). Cette organisation n'est autre que la vitrine française des Frères Musulmans dont les valeurs sont aux antipodes de celles défendues par une république laïque telle que la France. Le procès intenté contre Charlie Hebdo en est l'illustration parfaite.
Pourtant, lors de l'affaire Redeker, le PS qui a inscrit dans son programme présidentielle la défense de la laïcité (et donc son hostilité au délit de blasphème) n'a pas manifesté un franc soutien au philosophe, excepté Laurent Fabuis même si ses déclarations sont restées très "prudentes". Vous connaissez la formule, "je condamne les menaces de mort mais également ses propos disproportionnés".
Même au PS, le "vote musulman" semble une préoccupation majeure. Comment expliquer dans ce cas l'apparition de créneaux horaires exclusivement réservées aux femmes dans les piscines municipales lilloises ? La mairie socialiste ne semble pas s'émouvoir de cet apartheid de bassin qui ne s'explique par le lobbying intense de l'UOIF qui "tient" les mosquées environnantes.
Sur le blog de l'hebdo socialiste, un internaute ("Moussali") reprochait à l'auteur de cet article de méconnaître les musulmans de France arguant que le Mufti de Marseille Soheib Bencheik n'est absolument pas représentatif. Un autre internaute faisait valoir qu'une une organisation réunissant 10 000 personnes en trois jours (il fait sans doute référence au rassemblement annuel du Bourget). C'est plutôt inquiétant... Moussali terminait son propos en affirmant que pour les prochaines échéances électorales, "le vote musulman allait compter".
Mais au final, si on réfléchit un peu, ce "vote musulman", objet de toutes les convoitises, ne serait-il pas un simple miroir aux alouettes. Statistiquement, il est indéniable que la France compte plus d'athées et d'agnostiques que de musulmans, sans compter ces catholiques qui ne croient pas en Dieu!!!
Sans doute, l'athéisme souffre d'un manque de visibilité, il n'existe pas de grand mouvement susceptible de rassembler les athées et surtout de se faire entendre des politiques. D'où l'importance du vote; celui qui ne vote pas n'existe pas pour les politiques, l'UOIF l'a très bien compris.
L'athéisme souffre toujours du préjugé selon lesquel les mécréants seraient tous des communistes ou des anarchistes (voire les deux!). Or, on peut être mécréant et avoir une sensibilité de droite. D'ailleurs, le Front National ne rassemble pas seulement en son sein des catholiques intégristes mais aussi des athées, même son chef se targue d'être un bon chrétien.
Le "vote athée" peut donc être une réalité tangible pour les politiques, à la condition de ne pas délaisser les urnes.
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