Extrait de l'interview de Mgr Cattenoz, évèque d'Avignon au journal Le Figaro.
(...)
Dans votre « Lettre ouverte aux candidats », vous dites avoir mal pour notre pays en les écoutant. Tout va-t-il si mal ?
Mgr CATTENOZ. - Je vois se développer une culture de mort dans un monde occidental qui semble avoir perdu le Nord. En France, j'observe des candidats qui promettent tout et n'importe quoi aux lobbys, qui adaptent leur langage au fur et à mesure de leurs rencontres... Je constate une terrible fragilisation de la famille, à la base de la crise actuelle. Et j'en conclus qu'il n'est plus possible d'être complice du silence devant certaines situations. À quelles situations pensez-vous précisément ?: Aux coups portés contre la famille composée d'un homme et d'une femme, aux promesses faites par la plupart des candidats de reconnaître une forme de mariage homosexuel et pour certains d'aller jusqu'à permettre l'adoption pour ces couples, confondant ainsi le droit à l'enfant et le droit de l'en-fant. Je pense au silence assourdissant concernant les séquelles con-sécutives aux avortements, à la chosification de l'embryon qui conduit à l'eugénisme, aux exclus laissés sur le bord de la route, à l'acceptation de l'euthanasie... Et je repense à cette phrase de Léon Bloy : « L'homme est homme de l'utérus au sépulcre. » De nombreux candidats se disent catholiques, mais cantonnent leur foi à la sphère privée...: Cette relégation du religieux dans le privé est une erreur regrettable. J'affirme pour ma part que la foi et la lumière de l'Évangile doivent pouvoir éclairer tout le champ de nos vies. Se dire chrétien et favorable au mariage homosexuel est au minimum incohérent. Inviteriez-vous les catholiques à s'abstenir si aucun candidat ne répondait à leurs exigences ?: Le rôle d'un évêque n'est pas de rentrer dans la manière de faire son choix, mais de parler à temps et à contretemps, en amont, pour éclairer les consciences
On connaissait déjà Mgr Cattenoz comme l'un des croisés du Téléthon en décembre dernier. A la lecture de cette interview, il est clair que Mgr Cattenoz est entré en guerre contre la laïcité au côté de ses alliés objectifs du CFCM ou de l'UOIF -à qui d'ailleurs la conférence des évèques de France avait apporté son soutien lors de la polémique sur la bâche islamique.
Certes, l'évèque d'Avignon prétend simplement éclairer les consciences mais cela va bien plus loin. Ses propos s'apparentent plutôt à des consignes de vote, cela au grand mépris du principe de séparation de l'Etat et des églises. Ainsi, l'Eglise se rebiffe, elle n'entend plus se contenter du for intérieur, le Pape ayant décidé de faire la chasse aux députés hérétiques.
Ainsi, un député catholique devrait voter selon ce que lui dicte sa hiérarchie écclésiastique. Dans ce cas, les chrétiens devraient tous voter pour Philippe De Villiers ou Jean Marie Le Pen... Ils sont farouchement opposés à l'avortement et au mariage homosexuel.
Face aux propos de Mgr Cattenoz, je lui opposerais bien volontiers ceux de François Bayrou (je précise que je ne fais pas sa promotion) qui dans le quotidien chrétien La Vie a déclaré: " Je suis catholique, et je pratique. (...) Et, en même temps, je suis laïque. (...) Je n'obéis pas à l'Église lorsque je vote une loi. J'obéis à ma conscience de citoyen. (...) L'Évangile a influencé ma vie, pas forcément mon parcours politique. (...) Je suis au fond de l'église, reconnaissant et silencieux. ".
ajouter un commentaire commentaires (7) créer un trackback recommander















Commentaires