Tout d'abord, je tenais à remercier les premiers visiteurs de ce blog pour leurs conseils et leurs encouragements. A l'inverse, je tiens à m'excuser pour les fautes d'orthographe et de grammaire (involontaires, je précise), qui peuvent émailler mes articles; vous savez comme moi qu'il est toujours difficile de se corriger devant son ordinateur, et qui plus est, lorsque l’on a pas la possibilité de se faire relire. Néanmoins, je veillerai à l'avenir à en réduire drastiquement le nombre pour vous offrir un texte et une expression digne d'une thésarde!
Cet intitulé "pourquoi un blog athée" m'a été inspiré par l’un des commentateurs de mon premier article qui voyait dans ce blog "une obsession détournée de la religion". L'affirmation n’est pas dénuée d’intérêt ; d’ailleurs, moi-même, je ne me préoccupe pas du fonctionnement interne des religions ; par exemple, le fait que l’Eglise Catholique veuille accroître le nombre de miracle me laisse relativement indifférent. Il est parfois curieux de voir certains se scandaliser publiquement du refus de l’Eglise d’admettre le mariage des prêtres ou le remariage des divorcés, alors que ces mêmes personnes se disent athées ou agnostiques ! Je me réclame d’un athéisme pacifique, parfois railleur, mais qui récuse toute ingérence dans le fonctionnement interne des religions, car n’oubliez jamais que celles-ci prospèrent essentiellement sous l’effet de la publicité, bonne ou mauvaise, peu importe du moment qu’elles demeurent sous les feux de l’actualité. Vous serez sensible à la métaphore…
Mais indifférence ne signifie pas ignorance, d’autant que la religion n’ignore jamais bien longtemps les athées ! L’histoire abonde de bûchers, d’autodafés dont les athées ont toujours été les premières victimes. Et même en ce début de 21e siècle « dit désenchanté » (du moins en Europe), les athées se doivent de demeurer vigilants; le délit de blasphème n'est jamais bien loin (je vous invite à ce propos à relire mon premier article)
D’un autre côté, il suffit de constater le nombre de blogs consacrés à la religion ou aux croyances, ne serait-ce que chez notre hébergeur favori. Alors, pourquoi bouder son plaisir et se priver d’un blog athée !
En réalité, l’athéisme souffre d’abord d’un manque de visibilité dans un monde où la communication, la publicité -ou le paraître, c’est selon- jouent un rôle décisif. On peut s’en offusquer, on peut rêver de changer le monde…. mais il faut bien faire avec; d’ailleurs, étant d’une nature pragmatique, je ne me hasarderai pas sur ces terres de la contestation…
Un récent sondage (sondage CSA pour le Monde et la Vie) publié dans mon quotidien régional (La voix du Nord, 14 mars 2006, eh oui, je viens du Nord) révélait que 30% de la population française se dit athée. D’autres sondages tournent autour de 40%. Je pense que ce nombre est bien plus important : si près de deux tiers des personnes se disent catholiques, il faudrait se demander s’il ne s’agirait pas plutôt d’un catholicisme culturel, sociologique. Un autre sondage publié dans le numéro du « Monde des religions » de Janvier-Février 2006 (page 28) observe que 19% des non-croyants « revendiquent une appartenance culturelle religieuse ». D’ailleurs, moi-même, je pourrais me définir comme catholique, puisque, malgré moi, je baigne dans cette culture depuis ma naissance (après tout, j’offre toujours des cadeaux pour Noël, et je continue de manger du poisson le vendredi !!), mais quant à la question de l’existence de Dieu ou d’une force supérieure, la réponse ne souffre d’aucune ambiguïté. En réalité, beaucoup de personnes se qualifiant de catholiques sont des athées qui s’ignorent… Ce blog est en quelque sorte ma contribution à une meilleure appréhension de l’athéisme.
A ce titre, il devient indispensable de fonder un organisme susceptible de fédérer les athées de France (ce serait d’ailleurs une bonne dénomination !), sur le modèle notamment des « american atheists » (un site remarquable d’une grande richesse). Lorsqu’une question éthique se pose, le réflexe des gouvernants est de convoquer les représentants des « grandes religions » en leur qualité d’autorité morale… Or, c’est oublier qu’« avec Dieu, tout est permis » (pour parodier une célèbre citation) !
Les athées se doivent de prendre publiquement la parole, ne serait-ce que pour défendre leur liberté de conscience, mais comment se faire entendre lorsque l’on marche en rangs dispersés. Les religions sont formidablement organisées, structurées, c’est d’ailleurs ce qui fait leur force ; l’athéisme doit en faire de même sous peine de rester sur le bord du chemin. Les athées doivent se faire connaître, montrer qu’ils représentent une force sur laquelle les gouvernants doivent compter. Ils ne résument pas seulement à un amas de mécréants sans foi, ni loi…. Les questions d’éthique et de morale sont au cœur du discours athée : penser la morale, l’éthique sans la religion. C’est à mon sens le grand défi de ce 21e siècle. C’est une condition sine qua non pour délivrer l’humanité de la religion.
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