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Bienvenue sur mon blog athée!

 Ce blog est l'occasion de m'exprimer sur un sujet qui me tient à coeur, l'athéisme, mais n'ayez pas peur, l'objectif n'est pas à de vous y convertir ; je n'ai pas une âme de prosélyte!

Je souhaite simplement vous exposer mes convictions athées avec sincérité et sérieux, vous faire partager mes lectures, et vous informer de l'actualité de l'athéisme en France et dans le monde. Vous y trouverez également un certain nombre de liens vers des sites ou des blogs relatifs à l'athéisme.

Mais... j'oublie de me présenter: Anna, 29 ans, juriste de formation, ce qui suffit largement pour un premier contact.

Mais n'oubliez jamais que ce blog est d'abord le vôtre. Alors, n'hésitez pas à me faire part  de vos commentaires ou de vos interrogations.

Bonne lecture.   

Jeudi 11 mai 2006

Je vous livre le texte de la pétition "contre l'islamophobie" initiée par l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) en réaction à  la publication des caricatures danoises ; le texte est édifiant:

"Monsieur le Président de la République,

   Nous assistons depuis plusieurs mois à une multiplication des propos, attitudes et actes à caractère islamophobe contribuant à la stigmatisation des citoyens de confession musulmane et à la dénaturation de leur image et de celle de l'islam. La publication récente, par plusieurs journaux français, de caricatures du messager de l'islam fut un pas supplémentaire dans ce sens et a augmenté l'inquiétude et la lassitude de millions de musulmans de France et d'ailleurs.

   Pour aller de façon concrète dans le sens de vos déclarations récentes qui ont témoigné de votre volonté, Monsieur le Président de la République, de faire prévaloir dans notre société l'esprit de fraternité et du vivre ensemble dans le respect et la dignité, nous nous permettons de solliciter votre intervention afin que soient prises les dispositions législatives nécessaires, empêchant l'islamophobie, l'insulte et la diffamation sur Dieu et ses prophètes.

   Loin de limiter les libertés d'opinion ou d'expression, de telles dispositions législatives mettront chacun devant sa responsabilité et empêcheront la diffusion d'un esprit malsain risquant de porter atteinte à l'ordre public et à la sérénité collective"

 

En somme, l'UOIF réclame l'instauration d'un délit de blasphème, tout en prétendant respecter les principaux républicains, excepté peut-être le principe de laïcité qui, par définition, s'oppose à toute idée de blasphème...

Selon les initiateurs de cette pétition, le délit de blasphème ne conduirait absolument pas à limiter les libertés d'opinion ou d'expression!!! Si, par exemple, vous veniez à critiquer le caractère belliqueux du prophète Mahomet ou poser la question de l'authenticité du Coran, vous tomberiez sous le coup de la loi, et ce blog aussi... Dans cette perspective, toute critique de la religion musulmane deviendrait impossible, puisqu'assimilée à un délit. L'athée verrait donc sa liberté d'expression considérablement réduite, contrairement à ce qu'affirme le texte de la pétition. 

Et bien sûr, il y a fort à parier que les Eglises s'engoufreraient immédiatement dans la brêche pour réclamer elles-aussi "le respect du messager du chrisitianisme".  La boucle est bouclée,

En tant que juriste, je m'interroge aussi sur le concept de "diffamation sur Dieu". Lorsque vous diffamez quelqu'un, vous lui imputez des propos ou des faits qui ne sont pas les siens et susceptibles de porter atteinte à son honneur ou à sa considération. Par exemple, si vous affirmez publiquement que votre voisin trompe (à tort) sa femme, celui-ci peut très bien vous demander des comptes en vous assignant devant un tribunal. Allah va t-il descendre de son nuage pour vous traîner en justice?  Je vous rassure, il se trouvera bien un représentant de l'UOIF pour parler en son nom... D'un autre côté, si vous diffamez Dieu (comme nous le faisons habituellement dans ce blog) en prétendant qu'il n'existe pas ou qu'il est criminel, il va bien falloir démontrer le contraire...  

Quoi qu'il en soit, on aboutit là à ce constat terrifiant: critiquer Dieu, voire le Coran, c'est faire preuve "d'islamaphobie";  l'islamophobie n'étant en réalité qu'un ersatz de racisme, l'athée doit donc se taire.  

Mais au fond, le pire dans cet affaire, n'est pas tant cette pétition contre "l'islamophobie" (tout un concept) que le fait qu'elle ait été entendue par certains députés; je vous renvoie à mon premier article ("un blog athée, un blog bientôt illégal") qui faisait état de deux propositions de loi déposées par les députés J. M. Roubaud et E. Raoult, propositions visant à introduire un délit de blasphème...

En conclusion,

par anna publié dans : islam
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Samedi 29 avril 2006

Lors de l'affaire des caricatures de Mahomet, vous avez pu constater comme l'Eglise catholique (ou devrais-je dire les Eglises) s'est "associée" avec d'autres organisations musulmanes fort peu républiques pour condamner la parution de ces dessins. Ainsi, Mgr Lalanne, Président de la Conférence des Evêques de France  a lors d'une chronique radio sur RCF appelé au "profond respect des convictions religieuses essentiel dans une démocratie", précisant que si la liberté d'expression est une valeur fondamentale, il ne fallait pas pour autant "heurter la sensibilité des croyants". 

Le Vatican s'est également mis dans la partie, je vous livre, à ce titre,  un extrait de l'allocution de Mgr Francesco Follo, Obervateur permanent du Saint-Siège auprès de l’UNESCO lors du  conseil exécutif de l’UNESCO, le 12 avril dernier:

"C’est pourquoi, aujourd’hui j’aimerais revenir sur un thème essentiel et sous-jacent à tout ce que nous venons de vivre avec la crise des caricatures, celui du respect de la dignité de l’homme. Comme l’ont souligné le Concile Vatican II, en particulier la Déclaration « Dignitatis humanae » (7 décembre 1965) ainsi que les Papes Paul VI et Jean Paul II et le Saint Père Benoît XVI, les racines de la liberté résident dans la dignité singulière de l’homme (4 décembre 2005)

Le sens de notre travail est de mettre en œuvre toutes nos ressources pour que cette dignité soit reconnue, vécue, promue et respectée. Mais il importerait de reconnaître aussi le caractère sacré de cette dignité.En effet, la liberté, si souvent invoquée durant la crise liée aux caricatures ne doit pas être sacralisée en oubliant la dignité de la personne. Parlant des réactions pourtant équilibrées de l’Eglise catholique pendant ladite crise, certains esprits critiques ont osé parler d’une « coalition d’intérêts » entre religions. Il ne s’agit pas d’intérêts mais tout simplement de la défense de la dignité et de la liberté de la personne, tant de s’exprimer que de croire. Or, cette thèse du respect, de la défense et de la promotion de la dignité humaine se trouve confronté à la question de la liberté et de la justice. Lorsque la liberté d’expression n’est pas limitée par la norme du respect de la dignité de la personne, la justice apparaît souvent comme le seul recours. Et la justice sans la liberté est une justice formelle, celle des totalitarismes et des dictatures de tout genre. Il est donc essentiel d’œuvrer en faveur de la liberté et de la justice afin de les garantir à tous .En effet, l’homme qui n’est pas libre ; l’homme privé de justice, est un homme aussi mutilé que l’homme réduit à la réalité biologique de son corps. Ici encore, toute une dimension de son être, qu’il faut bien appeler spirituelle, se trouve niée."

En somme, il aurait fallu censurer ces dessins au nom de la dignité humaine, la nouvelle arme de destruction massive des religions !  Et il fut un temps où cette idée de dignité humaine a permis d'émanciper l'homme et de fonder l'existence des droits de l'homme...

Petite parenthèse: Pour une critique du concept de dignité humaine, je vous renvoie au livre de Ruwen OGIEN, "la morale a-t-elle encore un avenir?", édité par Pleins Feux, et dans lequel  l'auteur se livre à une attaque en règle contre ce concept de dignité humaine devenu le refuge du conservatisme politique, et des autorités religieuses:

Petit extrait: "Or, la notion de dignité humaine permet à la religion et à la métaphysique de revenir dans le débat public sous les habits laïques (...) Par ailleurs, alors que la dignité humaine doit servir à fonder des droits, dans les faits, elle sert à les remettre en cause. C'est au nom de la dignité humaine qu'est contesté le droit de chosir librement le genre de vie qu'on souhaite mener, ce qu'on veut faire de sa vie et de son corps (droit qui inclut celui d'avorter)".

La dignité humaine saurait-elle justifier le retour du délit de blasphème, disparu en France depuis 1789 ???

Au fond, rien de nouveau, me direz vous, sauf que le journal Studi Cattolici proche de l'Opus Dei (rappelons que le fondateur de l'Opus Dei, Josémaria Escriva de Balaguer, canonisé par Jean Paul II, était très "proche" de Franco; cette secte vaticane était aussi très présente au Chili  sous le régime de Pinochet; malgré le retour de la démocratie, elle garde encore une influence non négligeable), a, dans son édition du mois de mars, publié une caricature de Mahomet dont je vous livre la légende.

 

   Au bord du précipice, sont réunis les poètes italiens, Dante Alighéri et Virgile, tout deux encerclés par les flammes:

-"Celui qui est coup" en deux, n'est-ce pas Mahomet?"demande Virgile à Dante.

-"Oui, et il est coupé en deux parce qu'il a apporté la division dans la société", lui répond Dante.

Si je comprends bien, Mahomet est "subtilement" comparé au diable, ce qui, en toute objectivité, devrait "heurter la sensibilité des croyants".

Evidemment, ce dessin a provoqué une polémique en Italie, des associations musulmanes sont montées au créneau, mais pas d'ambassades vandalisées, pas de manifestation hostile dans les pays arabo-musulmans,  si ce n'est que l'Opus Dei s'est rapidement désolidarisée de sa revue dans un communiqué de presse...

par anna publié dans : caricatures et railleries
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Jeudi 27 avril 2006

A force de traquer les injustices commises contre les athées en Pologne ou en Russie, on en finirait par oublier que la France n'est pas toujours exempt de reproche en la matière.

Je viens de retrouver un article de Libération du 6 avril dernier qui rapporte encore une lamentable affaire d'athées malmenés, non pas en Pologne mais dans la patrie de Voltaire et de Diderot.

Un bar de la région parisienne qui organisait une exposition de caricatures religieuses a été vandalisé à coup de barres de fer par une bande de jeunes gens encagoulés se réclamant des Frères Musulmans!!. Leur âge, entre 10 et 12 ans... Des consommateurs ont été malmenés, des menaces d'incendie ont été proferées. Une plainte a été déposée auprès des services de police, mais apparemment sans grand effet. Malgré tout, nos athées n'ont pas baissé les bras, l'exposition a été maintenue, ...mais les caricatures, qui étaient accrochées sur la vitre, ont été recouverte d'une feuille blanche marquée "censuré". La bataille est-elle déjà perdue?

Les organisateurs a beau avoir organisé une réunion de quartier, la communication passe mal. Mais fallait-il pour autant organiser une telle assemblée pour justifier de l'exercice de sa liberté d'expression...?

 

Voici les propos  édifiants d'un jeune encagoulé de passage à cette réunion :  «La démocratie, d'accord, bien, supercool. Vous avez mis des dessins qui choquent certaines personnes à la vue de tout le monde. Un père de famille qui passe ici avec ses enfants, ça lui saute aux yeux. Ce que vous faites là, c'est de la dictature. Vous imposez aux gens de voir ce qu'ils n'ont pas envie de voir. La meilleure solution, c'est que vous enleviez ces dessins.»  No comment.

Je ne peux pas terminer mon article sans vous livrer la fin de cet article de presse qui, j'avoue, m'a laissé quelque peu amère: "Vers 21 h 30, Marika [ l'une des organisatrices de l'exposition] clôt la réunion. Sur le trottoir, la conversation se poursuit. De très jeunes musulmanes noires discutent pied à pied avec un monsieur. Bien qu'habitant le quartier elles n'avaient jamais mis les pieds dans ce café. Ce soir, elles ont assisté à toute la discussion. «Normalement, ils devaient donner une réponse concrète pour savoir s'ils enlevaient ou non l'expo», dit l'une. «L'expo, ils peuvent la faire, mais ailleurs, dans une pièce fermée

 

 

La France va t-elle si mal? Les athées doivent-ils systématiquement prendre des gants à chaque fois qu'ils s'expriment? "Vous comprenez, il ne faut pas froisser les susceptibilités, surtout en ce moment....".

 

Cette réunion de quartier qui part d'une bonne intention (mais comme on dit, l'enfer est toujours pavé de bonnes intentions) est le signe concret que l'athéisme n'a plus sa place dans certains quartiers de France communautarisés ou plutôt vampirisés par certaines organisations religieuses musulmanes qui n'ont rien de républicaine.

Il ne s'agit pas de petite délinquance ou d'incivilités, c'est bien plus grave, c'est le pacte social qui est remis en cause. Et les difficultés économiques ou d'insertion sociale ne sauraient excuser cet état de fait.

Les adeptes du politiquement correct en seront pour leur frais...

Source: "Le bar où les caricatures antidieux enflamment les esprits": Vifs échanges entre bouffeurs de curé et jeunes musulmans dans un bistrot parisien sur la liberté d'expression. Liberation, 6 avril 2006, par Catherine Corroller.

Du même auteur, "Caricature: l'affaire rebondit au café": dans un bar parisien, une expo de dessins moquant la religion a été vandalisée, Liberation, le 30 mars 2006.

 

par anna publié dans : caricatures et railleries
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Lundi 24 avril 2006

Encore un article fort instructif à vous faire partager sur les rapports entre l'Etat et les églises mais cette fois, il ne s'agit pas de la Pologne mais de l'Allemagne.

La Ministre allemande de la famille a lancé une consultation sur l'éducation des enfants en bas-âge... mais elle n'a invité que les représentants des Eglises Chrétiennes...

L'Etat allemand étant sensé garder une certaine neutralité à l'égard des religions (je rappelle toutefois que l'Allemagne n'est pas un état laïc), cette consultation a fait grincer des dents les responsables juifs et musulmans, ainsi que les libéraux dont leur responsable a fait valoir (sans doute à titre de piqure de rappel) que "l'Eglise n'a pas le monopole de transmission des valeurs éducatives; les enfants doivent être élevés pour devenir des citoyens émancipés et responsables"

Les fédérations d'éducateurs se sont également émus de cette méthode rappelant que : "L'Allemagne n'est pas un Etat religieux, c'est un Etat laïque dont le système de valeurs est bâti sur les droits de l'homme universels".

Ce sont peut-être ces valeurs là qu'il faudrait d'abord transmettre aux enfants...

Quant à la ministre, elle a justifié sa politique par de pures considérations pratiques "soulignant que les organisations catholique Caritas et protestante Diakonie assurent à elles seules 72,3 % des places de jardins d'enfants privés en Allemagne". A vous de juger...

Le Monde du 22 avril 2006 "Le gouvernement [allemand] n'invite que les chrétiens pour promouvoir les valeurs à l'école"

PS: c'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité...

 

Sur les rapport entre l'Etat allemand et la religion: voir le site du CREDOF à l'occasion d'un séminaire organisé sur le thème de la liberté de conscience (Université Paris X Nanterre).  

par anna publié dans : athéisme
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